IAD-Day S2 Episode 1

3 semaines ayant filé vitesse éclair plus tard, cette fois, on y est!

Gametix à fond les ballons, Vitamine D comme il se doit, Echo et prise de sang à J8, écho à J9 et Hop ! Pas le temps de comprendre que je suis convoquée à Madrid pour l’insémination. Sur cycle naturel, il faut être encore plus réactif, rien n’est contrôlable. Mais même en le sachant, me voilà prise de court : déjà que leur calcul m’invitant à prendre mes billets pour J13 me semblaient un peu prématurés, je ne m’attendais pas à y aller à J11, je suis vraiment branchée sur cycle-court !

Le Lundi 27 Juin, date anniversaire du coup d’État de 1973 en Uruguay, est fixé comme IAD-Day. A moi de resignifier cette date pour en faire celle de mon propre coup d’état dépatriarcalisant.

Au prix d’un des derniers billets Business qui restait, soit environ 10X le prix (!) (!!) (!!!), après une piqûre d’Ovitrelle et un week-end entourée d’amour à faire le plein de forces, se défaire de morceaux de vies antérieures et fêter dignement l’enterrement d’une vie de jeune célibattante sans enfant, le réveil a sonné à 3h du matin pour embarquer pour Madrid à 6h et réaliser mon IAD sur les coups de 11h.

4h30. Blazer Toucan color-bloc, check. Dossier Toucan, check. Traitement, check. Ascenseur, position de Super-Héroïne. Taxi. Voyage cadencé aux sons afrobeat et Revival 90 d’Hady, qui ne voit aucun mal à pousser le volume devant mon émotion du moment du type adolescente trépignant en boite « HANNNNN, C’est ma chansOOON ! ». Moi, excitée ? Hady me demande si je voyage pour le travail, je lui réponds du tac au tac, « Non, ça vous paraitra fou, mais vous m’accompagnez faire un bébé ! » La discussion qui s’en est suivi vaut de l’or, Hady n’étant pas particulièrement sensibilisé sur la question.

5H10. Aéroport. Perte de temps aux contrôles : sous-effectifs. Stress. Contrôle. Le traitement qu’il y a dans mon sac pose question, je suis charrette et v’la ti pas qu’il va falloir attendre qu’ils vérifient que c’est pas d’la dope, non sans avoir tenté des explications vaines. PUTAIN. Re-SuperHeroPose. Embarquement : pourvu que mon passeport périmé passe. Bingo !

8h20-10h Arrivée à Madrid, métro, je trouve la clinique. Je poireaute tranquillement assise à la terrasse d’un café dans un parc. Une petite fille joue à côté de moi avec des autocollants, on échange des sourires, elle décide de me floquer un cœur aux couleurs de la Pride -dans son langage, plutôt couleur-licorne- sur le bout de la basket. Me demandez pas pourquoi, l’émotion du moment n’a que plus ajouté à la mignonnerie de la scène, j’ai pris ça pour un signe.

10h30. Clinique. Je signe le consentement. Les informations relatives au donneur me seront transmises dès connaissance du résultat de l’IAD si celui-ci est positif. L’attente commence à être longue, les tiraillements ovulatoires, l’excitation et ma vessie pleine à exploser ne la rende pas simple. Mais, dans tout ça, je suis plutôt sereine, plus que je ne l’aurai cru, en axe, avec le sentiment que quoiqu’il advienne, les astres sont alignés, encore sous les effets d’un dimanche cotonneux à prendre soin de ma carcasse dans mon nouveau nid douillet, réchauffée par l’amour de mes proches.

12h. Ca y est, c’est fait. Le Dr Izquierdo -vous noterez que l’entreprise a lieu sous les meilleurs auspices- a fini son job. La sensation ? « Tout ça pour ça ? C’est sûr ? C’est fini ? » Le geste prend environ 1min. J’ai mis plus de temps à me déshabiller qu’à être inséminée. Je suis désormais sommée de veiller à bien m’enfoncer mes 200mg bi-quotidiens de Progestérone au fond du vagin et de me reposer tout en faisant « vida normal ». Résultat le 11 juillet. Il ne me reste qu’à invoquer toutes les Brujas du monde pour qu’elles influencent positivement la course qui se joue en moi.

Lorsque je prends le vol retour, hasard de la vie, je me retrouve au rang 2 de la Business, apparemment destiné ce jour-là uniquement à des femmes enceintes : 3 sur une rangée de 4. J’aurais pu mal le vivre, je choisi de le prendre encore comme un joli clin d’œil. On verra bien.

Première semaine post-IAD

J’aurais cru vivre ça avec l’impatience du camé en manque. Mais, passé le premier jour post-IAD, où la fatigue et l’émotion faisaient encore de moi, selon, une Lapine Duracell qui sautait partout ou, à l’opposé du spectre émotionnel, une Fairy Tale toute ébahie, toute hébétée devant l’expérience et l’amour que me donnait la Team-élargie sans rien demander, passé cela donc, tout est calme, la vie suit son cours et les astres restent alignés. Ma sérénité m’étonne.

Elle prend parfois les apparats d’un léger déni, comme si, pour éviter l’espoir et la brutalité de la chute, je préférais mettre la tête dans le sable. Comment ça une IAD ?

Néanmoins, je Gametix, je VitamineD, je Progéstérone. J’adopte le régime Pregnancy-compatible, je réduis sévère la dose de café, je fais de mon mieux pour ne pas fumer.

[Note si c’est encore nécessaire à ce stade, je saurai gré à chacun.e de garder pour iel-même savants conseils moralisateurs pseudobienveillants non demandés et autres airs affligés -choqués-lesbrasmentombent et j’en passe liés au TO DO/NOT TO SURTOUT PAS DO de mon état. C’est dit.]

Je suis pas mal occupée et m’occupe pas mal, à faire des gâteaux aux bonbons avec mes neveux, à bosser depuis mon nouveau nid ou à en gérer les nombreux problèmes, voyons le positif, ça me permet de passer mes nerfs quelque part tout en pensant à autre chose. J’habite à merveille la cohérence de ma vie, dans laquelle d’autres verraient de sacrés paradoxes, en chroniquant des bouquins sur le féminisme décolonial et en manifestant (tranquillement) contre la sauvage et criminelle suppression du droit à l’IVG aux Etats-Unis, tout en luttant pour éviter de surinterpréter tous les symptômes et leur absence. Les fameux effets salauds du post-IAD que je redoutais, plus dus à la Progestérone en intra qu’à une éventuelle grossesse. Des seins surgonflés douloureux, aux émotions un peu à fleur de peau et autres larmes faciles -ça, j’ai l’habitude-, en passant par les accès de chaleur et tout ce qui trouble mon déni d’Autruche pour me rappeler que peut-être quelque chose se passe. Ou peut-être pas.

#STAY TUNNED

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